La transition au sein de l’univers du jeu vidéo prend une tournure inattendue. La cession de GOG à son cofondateur Michał Kiciński soulève des questions sur l’avenir de la plateforme sans verrous numériques dans un marché dominé par les géants.
Le paysage vidéoludique est en constante évolution, avec des acteurs majeurs qui réinventent leurs stratégies pour rester compétitifs. Dans ce contexte, CD Projekt a décidé de céder sa boutique de jeux sans verrous numériques, GOG, à son cofondateur Michał Kiciński. Cette transaction, évaluée à 22 millions d’euros, marque un tournant significatif pour le studio polonais, qui souhaite se recentrer sur le développement de ses futurs titres.
L’acquisition par Kiciński est particulièrement révélatrice des ambitions du studio. Avec un programme de développement ambitieux autour de franchises emblématiques comme The Witcher, CD Projekt cherche à optimiser ses ressources tout en préservant l’identité unique de GOG. Ce changement soulève néanmoins des interrogations quant à l’avenir de la plateforme dans un secteur où la concurrence est féroce et où les modèles économiques évoluent rapidement.
Un rachat familial : les implications pour l’avenir de GOG
Le 29 décembre 2025, Michał Kiciński a acquis 100 % des parts de GOG pour 90,7 millions de zlotys polonais, soit environ 22 millions d’euros. Ce rachat n’est pas qu’une simple transaction financière ; il symbolise une volonté de maintenir la plateforme dans le giron de ses fondateurs. En restant actionnaire du studio CD Projekt, Kiciński assure une continuité dans la direction stratégique que prendra GOG.
Cette indépendance retrouvée permet à GOG d’opérer avec plus de flexibilité et d’agilité. En effet, le studio a déjà fait preuve d’une certaine autonomie ces dernières années. Le fait que Kiciński finance cette acquisition sans vendre ses parts dans CD Projekt témoigne également d’un engagement fort envers ses valeurs et sa vision pour l’avenir. Cela laisse entrevoir une volonté claire d’assurer la pérennité des missions historiques de GOG.
En préservant l’esprit originel qui a fait la renommée de GOG, ce rachat pourrait renforcer le lien entre la plateforme et sa communauté fidèle. Les utilisateurs peuvent s’attendre à une continuité dans les services offerts et peut-être même à une expansion des fonctionnalités qui font la particularité du site.
GOG : Une philosophie sans verrous numériques renforcée
L’une des promesses fondamentales faite par GOG est son engagement envers une plateforme sans verrous numériques (DRM). L’acquisition par Michał Kiciński n’influe pas sur cette philosophie; au contraire, elle pourrait même la renforcer. Selon les déclarations du nouveau propriétaire, les comptes et bibliothèques des utilisateurs resteront intacts et accessibles sans restrictions.
La disponibilité continue d’installateurs hors-ligne constitue un atout majeur pour les joueurs souhaitant conserver un accès permanent à leurs titres préférés sans dépendre d’une connexion Internet permanente, ce qui devient rare face aux tendances actuelles dominées par Steam et autres plateformes similaires. Cet engagement envers le service client est crucial pour attirer et fidéliser les passionnés de jeux vidéo qui cherchent une alternative éthique aux pratiques dominantes.
Kiciński a également annoncé son intention d’intensifier les efforts pour sauver des jeux classiques souvent oubliés. Plusieurs titres rétro sont prévus pour 2026 et 2027, témoignant d’une volonté manifeste de préserver le patrimoine vidéoludique face à l’oubli numérique auquel bon nombre de jeux sont aujourd’hui condamnés.
Une présence modeste mais rentable sur le marché
D’un point de vue financier, GOG affiche des résultats intéressants bien que modestes comparés aux géants du secteur. En 2024, la plateforme a généré environ 55 millions de dollars (environ 51 millions d’euros) en chiffre d’affaires, mais son bénéfice net n’était que de 316 000 dollars (environ 300 000 euros). Pour mettre cela en perspective, Steam rapporte plusieurs centaines de fois plus en revenus annuels.
| Critère | Valeur | Comparaison |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires (2024) | 55 millions $ | – |
| Bénéfice net (2024) | 316 000 $ | – |
| Bénéfice net Steam | N/A | Plusieurs centaines fois supérieur |
Cela positionne GOG comme un acteur niche dans le monde des plateformes vidéoludiques. Malgré cela, sa communauté dévouée apprécie grandement son modèle alternatif axé sur la préservation et l’accessibilité des jeux vidéo anciens ou moins connus. La rentabilité actuelle suggère que bien que modeste en comparaison avec ses concurrents directs, GOG reste viable grâce à sa base fidèle.
L’avenir incertain : défis et opportunités pour GOG
Avec cette transition vers un modèle dirigé par son cofondateur, GOG se trouve confronté à plusieurs défis essentiels. Bien que la philosophie sans verrous numériques soit maintenue intacte sous la direction de Kiciński, il reste à voir si ce dernier dispose des ressources nécessaires pour rivaliser efficacement contre les grandes plateformes telles que Steam ou Epic Games Store.
Cependant, ces défis pourraient également représenter des opportunités uniques pour GOG. En se concentrant sur sa mission originale et en innovant autour du concept de préservation du patrimoine vidéoludique tout en offrant un service exempt de restrictions numériques pourrait lui permettre d’attirer un public encore plus large qui recherche des alternatives éthiques sur le marché actuel saturé.
Ainsi, alors que certains pourraient considérer cette acquisition comme un signe d’affaiblissement face aux puissants concurrents se battant sur le même terrain commercial, il pourrait s’agir plutôt d’un repositionnement stratégique vers une niche encore inexploitée — celle des puristes avides d’accès libre et sûr à leurs jeux préférés.



