Arman Tsarukyan, le numéro un des poids légers à l’UFC, a emprunté un chemin atypique vers les arts martiaux mixtes. Entre rêves de hockey et combats de vestiaire, son parcours est marqué par des défis qui ont façonné son incroyable carrière.
Arman Tsarukyan n’est pas le combattant typique de l’UFC. Originaire d’Akhalkalaki en Géorgie, il a déménagé en Russie à trois ans, où son enfance a été marquée par des conditions de vie difficiles. Son rêve initial n’était pas de devenir champion de l’UFC, mais d’évoluer dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Ce qui le distingue, c’est sa résilience face à l’adversité et sa capacité à transformer les défis en opportunités.
À travers ses expériences, Arman a appris des leçons précieuses sur la discipline et la détermination. La lutte est devenue une partie intégrante de sa vie dès son plus jeune âge, mais ce n’est qu’après une série d’événements décisifs qu’il s’est engagé pleinement dans les arts martiaux mixtes. Cela soulève la question : comment un jeune homme ayant connu tant de difficultés peut-il devenir l’un des meilleurs combattants du monde ?
Une enfance difficile et des débuts inattendus
Né dans un contexte précaire, Arman Tsarukyan a grandi dans une famille qui peinait à s’en sortir. Son père travaillait dur dans le secteur de la construction, mais ils vivaient initialement sans domicile fixe. “Nous avons dormi dans la voiture”, se souvient-il avec émotion. Ce passage difficile a été adouci par la générosité d’une famille daghestanaise qui leur a offert refuge pendant un an.
Cette période de transition a été cruciale pour Arman. À l’âge de 12 ans, la situation s’est stabilisée grâce aux efforts conjugués de sa famille. Son père a réussi à bâtir une entreprise prospère après avoir construit leur maison. Les premiers pas d’Arman dans le sport ont débuté avec la lutte libre à six ans, bien que ses débuts aient été marqués par des défis liés à la coupe de poids excessive imposée par ses entraîneurs.
Le poids-coupe est devenu un obstacle majeur pour lui dès ses sept ans. “Ils nous disaient de ne rien manger pendant deux jours”, raconte-t-il. Cette expérience traumatisante aurait pu mettre fin à sa carrière sportive avant même qu’elle ne commence. En prenant conscience des dangers liés à cette pratique pour les jeunes athlètes, il s’est engagé à protéger les générations futures contre ces méthodes nuisibles.
L’appel du hockey et les luttes en vestiaire
À neuf ans, Tsarukyan a pris une décision déterminante : rejoindre ses camarades pour jouer au hockey sur glace. Bien que toujours impliqué dans la lutte, il a commencé à s’entraîner sérieusement au hockey grâce au soutien financier de son père. “Il m’a acheté tout l’équipement”, se rappelle-t-il avec gratitude.
Le hockey sur glace est devenu sa passion, notamment en jouant pour l’équipe junior du Hockey Club Amur dans une région où ce sport est roi. Cependant, malgré ses efforts acharnés sur la glace, il n’a pas réussi à percer au niveau professionnel comme certains de ses amis qui ont atteint la LNH.
C’est durant cette période qu’Arman a découvert un autre aspect du combat : les bagarres en vestiaire. “J’utilisais mes compétences en lutte principalement dans le vestiaire”, admet-il. Ces combats informels ont renforcé sa confiance et son goût pour le combat qui deviendra plus tard fondamental dans sa carrière professionnelle d’arts martiaux mixtes.
Le tournant vers les arts martiaux mixtes
À 17 ans, après avoir abandonné ses rêves de hockey professionnel, Tsarukyan se tourne vers les arts martiaux mixtes grâce à sa passion pour le grappling qui gagnait en popularité en Russie. “J’ai remporté une compétition russe immédiatement”, explique-t-il avec fierté.
Son père était sceptique face aux dangers du MMA; pourtant, Arman persévère et fait ses débuts professionnels à 18 ans tout en gagnant environ 4 000 euros par combat lors d’événements en Corée du Sud. Il obtient rapidement des classements honorifiques tels que Maître des Sports en lutte et MMA.
Sa capacité innée pour le combat combinée aux techniques apprises durant son enfance lui confère un atout indéniable sur le ring : “Les mêmes prises que j’apprenais entre six et neuf ans sont celles que je continue d’utiliser aujourd’hui”, souligne-t-il avec assurance.
Vers le sommet : défis et aspirations
Aujourd’hui classé numéro un des poids légers à l’UFC et quinzième au classement pound-for-pound, Tsarukyan reste néanmoins éloigné du titre mondial malgré une série impressionnante de cinq victoires consécutives contre des adversaires renommés tels que Charles Oliveira et Beneil Dariush.
Sa route vers l’or a été entravée par une blessure au dos subie lors d’une coupe de poids avant un match prévu contre Islam Makhachev au début 2025. Pendant ce temps-là, il observe Justin Gaethje remporter le titre intérimaire lors d’un événement marquant au UFC 324.
Alors qu’il attend patiemment son tour pour défier pour le titre suprême face au champion incontesté Ilia Topuria prévu entre avril et juin prochain, Arman Tsarukyan témoigne que chaque combat qu’il a mené depuis son enfance lui permet aujourd’hui d’aspirer aux sommets du MMA.



